En bref
- Pour la seconde nuit des « 5 nuits de FFRissons », FFR Community vous ouvre les portes de Crow Country, un survival horror rétro développé par SFB Games.
- Sorti le 9 mai 2024 sur PC, PS5, Xbox Series X|S et Switch 2, puis le 16 octobre 2024 sur PS4 et Switch, le jeu suit l’agent Mara Forest dans un parc d’attractions abandonné, à la recherche de son mystérieux propriétaire.
- Ambiance inquiétante, exploration, énigmes et esthétique inspirée des jeux d’horreur de l’ère PlayStation font le charme de cette aventure.
- Ses combats classiques et son horreur peu portée sur les sursauts pourront décevoir certains joueurs, mais ses secrets et son atmosphère font de Crow Country un détour qui mérite le voyage.
Cinq jours, cinq jeux, cinq façons de frissonner. Pour cette dernière semaine d’octobre, FFR Community lance Les 5 nuits de FFRissons, un rendez-vous spécial Halloween qui mettra chaque jour à l’honneur un jeu d’horreur. Au programme : des découvertes, des critiques et quelques retours sur des titres qui mériteraient peut-être plus de reconnaissance. Parce qu’au-delà des grands classiques du genre, certains cauchemars méritent tout de même de (re)venir nous hanter.
Pour cette seconde nuit, nous vous invitons à pousser les grilles de Crow Country. Sorti le 9 mai 2024 sur PC, PS5, Xbox series X/S et Switch 2 puis porté sur PS4 et Switch le 16 octobre de la même année, ce jeu d’horreur indépendant développé par SFB Games nous plonge dans un cauchemar aux allures de vieux jeu PS1. Mais derrière ses personnages anguleux et ses décors rétro, le parc cache bien plus qu’une poignée de souvenirs d’enfance.
Venez donc avec nous dépoussiérer les mystères de ce parc des années 90.

Un parc où le silence a remplacé les cris de joie
Nous sommes en 1990. L’agent spécial Mara Forest arrive à Crow Country, un parc d’attractions fermé depuis deux ans. Son propriétaire, le mystérieux Edward Crow, a disparu sans laisser de réponse. Mara est venue enquêter ; elle devra fouiller les lieux, résoudre des énigmes et suivre les traces de celui qui semble s’être volatilisé. Mais quelque chose rôde dans le parc, et les rumeurs inquiétantes pourraient bien être plus que des histoires destinées à effrayer les visiteurs.
Le décor joue habilement avec les contrastes. On traverse des allées autrefois colorées, des salles de jeux et des attractions dont la fantaisie a pris un sérieux coup de vieux. Les lieux gardent leur charme, mais il s’est comme couvert de poussière, et l’on comprend vite que les mascottes ne sont pas les seules à vouloir nous accueillir. Chaque zone a sa propre identité, et l’exploration donne envie de regarder derrière chaque porte, même quand on préférerait ne pas savoir ce qui s’y trouve.
Car Crow Country ne cherche pas à terroriser à chaque instant. La recette du jumpscare est ici mise de côté au profit d’un malaise persistant : un bruit au détour d’un couloir, une entité apparaissant lorsque l’on rebrousse chemin, ou ce sentiment tenace d’avoir oublié quelque chose d’important dans une pièce qu’on n’a pas envie de revisiter. La peur ne bondit pas toujours au visage, elle persiste tout au long de notre aventure.
Une lettre d’amour au survival horror des années 1990
La première chose qui frappe, c’est la direction artistique. Modèles iconiques de l’apogée du survival-horror, textures volontairement granuleuses, couleurs un peu ternies : Crow Country revendique ses inspirations rétro sans chercher à les dissimuler. L’ensemble évoque les jeux d’horreur de l’ère PlayStation, mais le résultat ne ressemble pas à une simple imitation. Le parc, dense et riche en détails, en tire toute sa force, et joue sur cette nostalgie pour pousser la curiosité du joueur.
C’est cette même nostalgie que l’on retrouve jusque dans les mécaniques. Les munitions et les soins ne sont pas infinies, à nous de les récupérer en fouillant poubelles et autres recoins. L’expérience nous pousse à nous creuser la tête tout en étant au milieu d’un danger constant à la manière d’un Silent Hill. Le jeu va jusqu’à nous demander de cartographier mentalement les lieux aux allures labyrinthiques : cette porte est verrouillée, ce symbole paraît important, et cette énigme devra attendre qu’on trouve le bon indice. Rien de révolutionnaire, mais une formule qui retrouve ici une efficacité familière.

L’exploration et les énigmes ficellent par ailleurs minutieusement tout le scénario. Certaines réponses se cachent dans des notes, d’autres dans un détail aperçu quelques salles plus tôt. Il faut fouiller, relier les indices et accepter de revenir sur ses pas. Le parc devient peu à peu un grand mécanisme à déverrouiller, avec ses raccourcis et ses secrets. Une approche qui récompense la curiosité, même si quelques casse-têtes risquent de faire tourner en rond les visiteurs les moins patients.
Des frissons, mais aussi quelques manèges un peu trop sages
Tout fonctionne particulièrement bien lorsque le jeu joue sur l’ambiance et l’exploration. Ses décors possèdent une vraie personnalité, et le contraste entre leur apparence presque enfantine et ce qu’ils abritent donne naissance à quelques images marquantes. Il y a quelque chose de véritablement dérangeant à traverser un lieu conçu pour divertir les familles alors que l’on guette, arme au poing, le moindre mouvement.
Le récit, lui, cultive le mystère autour d’Edward Crow et de ce qui s’est réellement passé dans son parc. Il avance à travers les diverses traces écrites disséminées au quatre coins de ce bâtiment, sans tout expliquer d’emblée. Cette retenue convient bien à l’atmosphère : le mystère est ce qui nous retient ici, tout le principe même de cette aventure. L’histoire apporte une motivation solide à l’exploration, et elle ne laissera indifférent aucun joueur.

En revanche, celles et ceux qui recherchent une peur constante pourraient rester sur leur faim. Crow Country mise davantage sur l’inconfort, la tension et le plaisir de fouiller que sur les sursauts à répétition. Le combat, lui aussi, reprend les codes du genre avec simplicité. Ce choix sert le rythme de l’aventure, mais les affrontements ne constituent pas son aspect le plus mémorable. Le jeu brille surtout lorsqu’il nous laisse seuls avec ses couloirs, ses énigmes et nos propres soupçons.
Un détour qui mérite le voyage
Avec Crow Country, SFB Games ne se contente pas de ressortir les vieux manuels du survival horror. Le studio en reprend les grandes idées pour façonner une aventure à l’identité propre. Son parc d’attractions est un formidable terrain de jeu, aussi accueillant en apparence qu’inquiétant dans ses recoins.
Cependant, tout n’est pas marquant. Les combats restent assez classiques, et les amateurs de frayeurs plus frontales risquent de ne pas être aussi touché par son horreur. Mais l’ambiance, le charme rétro et le plaisir de percer les secrets du parc suffisent à en faire une épopée remarquable.
Alors, pour cette seconde nuit de FFRissons, nous vous recommandons de tenter l’expérience, surtout si vous aimez les jeux d’horreur qui vous laissent le temps de regarder autour de vous avant de paniquer. Gare à vous lorsque vous déambulerez dans les couloirs de Crow Country, les attractions ont fermé depuis longtemps, mais quelque chose, dans l’obscurité, attend encore son prochain visiteur.
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