The Casting of Frank Stone : Le Survival Horror passé sous les radars – Les 5 nuits de FFRissons

The Casting of Frank Stone : Le Survival Horror passé sous les radars - Les 5 nuits de FFRissons
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En bref

  • Pour la première nuit des « 5 nuits de FFRissons », FFR Community revient sur The Casting of Frank Stone, jeu d’horreur narratif de Supermassive Games situé dans l’univers de Dead by Daylight.
  • Sorti le 3 septembre 2024 sur PC, PS5 et Xbox Series X|S, le jeu suit un groupe de jeunes cinéastes confronté aux mystères de Cedar Hills et à l’héritage sanglant de Frank Stone.
  • Son ambiance, ses deux temporalités et quelques idées originales séduisent, mais un scénario parfois confus et une rejouabilité limitée atténuent son potentiel.
  • Malgré ses défauts, cette aventure imparfaite mérite d’être redécouverte par les amateurs d’horreur narrative et de Dead by Daylight.

Cinq jours, cinq jeux, cinq façons de frissonner. Pour cette dernière semaine d’octobre, FFR Community lance Les 5 nuits de FFRissons, un rendez-vous spécial Halloween qui mettra chaque jour à l’honneur un jeu d’horreur. Au programme : des découvertes, des critiques et quelques retours sur des titres qui mériteraient peut-être plus de reconnaissance. Parce qu’au-delà des grands classiques du genre, certains cauchemars méritent tout de même de (re)venir nous hanter.

Et pour ouvrir cette semaine spéciale, difficile de ne pas revenir sur The Casting of Frank Stone. Sorti le 3 septembre 2024 sur PC, PS5 et Xbox series, le jeu avait tout pour attirer l’attention : le savoir-faire de Supermassive Games, l’univers de Dead by Daylight et la promesse d’une aventure narrative aussi originale qu’effrayante. Pourtant, près de deux ans plus tard, le titre semble déjà avoir disparu des mémoires. Alors, simple rendez-vous manqué ou véritable pépite oubliée ? Il est temps de retourner à Cedar Hills.

The Casting of Frank Stone - Trailer de lancement - VOSTFR - 4K | PS5

Une rencontre qui avait tout pour fonctionner

Sur le papier, difficile de faire plus alléchant. D’un côté, Supermassive Games, le studio qui a su nous faire douter de chacun de nos choix dans Until Dawn ou The Dark Pictures Anthology. De l’autre, Dead by Daylight, une licence qui s’est imposée comme une référence de l’horreur multijoueur. Deux univers qui partagent un goût certain pour les situations macabres, les personnages en mauvaise posture et les décisions qui peuvent coûter cher.

L’idée de réunir ces deux mondes dans une aventure solo avait donc de quoi séduire. Et pour une fois, il ne s’agissait pas simplement de coller un nom connu sur une nouvelle production. The Casting of Frank Stone cherche à raconter une histoire originale dans l’univers de Dead by Daylight, avec ses propres personnages, ses mystères et quelques mécaniques pensées pour renouveler l’expérience.

Mais voilà : réunir deux références de l’horreur ne garantit pas forcément un nouveau classique. Malgré ses ambitions, le jeu ne parvient pas à retrouver tout l’impact des meilleures productions de Supermassive. La rencontre reste intéressante, mais le résultat manque parfois de ce petit quelque chose qui transforme une bonne idée en une aventure inoubliable.

Une histoire qui s’emmêle les pinceaux

Bienvenue à Cedar Hills, une petite ville industrielle dont le passé est marqué par les crimes d’un homme : Frank Stone. Dans les profondeurs d’une fonderie, son héritage sanglant continue de hanter les lieux, bien après les événements qui ont fait de lui une figure aussi inquiétante. Quelques années plus tard, un groupe de jeunes cinéastes décide de tourner son propre film d’horreur, Murder Mill. Une passion pour le cinéma de genre, une caméra et l’envie de fabriquer quelque chose qui leur ressemble : voilà les ingrédients d’un projet amateur plutôt banal. Sauf que le décor choisi n’a rien d’anodin, et que certaines histoires feraient mieux de rester à l’état de fiction.

Très vite, le tournage devient le point de départ d’une aventure qui dépasse largement le cadre du film. Les secrets de Cedar Hills refont surface, les événements prennent une tournure de plus en plus étrange et le passé de Frank Stone semble dissimuler bien davantage que ce que l’on pouvait imaginer. Sans trop en dévoiler, le jeu va progressivement élargir son récit jusqu’à toucher à des éléments plus vastes de l’univers de Dead by Daylight. Sur le papier, l’intrigue peut éveiller la curiosité. Le cadre est efficace, les mystères s’installent et l’on a envie de comprendre ce qui se cache derrière cette histoire. Le problème, c’est que le scénario finit parfois par se prendre les pieds dans son propre tapis. C’est d’autant plus dommage que l’histoire n’est pas dénuée d’intérêt. L’ambiance fonctionne, le mystère tient suffisamment longtemps et l’univers de Dead by Daylight offre un terrain de jeu particulièrement riche. Mais à force de vouloir en faire beaucoup, le récit perd parfois en lisibilité ce qu’il gagne en complexité.

L’une des idées les plus intéressantes du jeu réside dans sa manière de jouer avec le temps. Plutôt que de nous enfermer dans un seul récit linéaire, The Casting of Frank Stone fait dialoguer deux temporalités, dont les liens se dévoilent progressivement au fil de l’aventure. Ce choix apporte un rythme particulier à la narration. Les événements prennent un sens différent selon le moment où ils se déroulent, et chaque séquence peut apporter un nouvel éclairage sur ce que l’on pensait avoir compris. On avance alors avec cette envie de relier les indices, de repérer les détails et de découvrir ce qui unit véritablement ces histoires. C’est une mécanique qui fonctionne plutôt bien sur le principe. Elle entretient le mystère, renouvelle les perspectives et donne au joueur une raison supplémentaire de poursuivre l’aventure. Dans un jeu d’horreur, où le passé finit toujours par revenir frapper à la porte, cette construction narrative avait même tout pour renforcer le malaise.

Malheureusement, cette bonne idée ne suffit pas à sauver les passages où le scénario s’égare. Certaines connexions semblent davantage forcées que réellement amenées, et les révélations ne produisent pas toujours l’effet escompté. On passe parfois de la curiosité à la confusion, avec cette impression que le jeu cherche à nous surprendre avant même d’avoir pris le temps de rendre ses idées pleinement convaincantes. C’est là que réside une partie de la frustration : les fondations sont bonnes, mais la construction manque parfois de maîtrise. Les deux temporalités auraient pu donner naissance à un récit plus subtil, plus cohérent et surtout plus marquant. Cela ne rend pas l’expérience inintéressante pour autant. Au contraire, cette structure constitue l’une des particularités du jeu et participe à son identité. Mais elle illustre aussi son principal défaut : The Casting of Frank Stone a de bonnes idées, sans toujours parvenir à les exploiter jusqu’au bout.

Une fois de retour sur l’écran titre, l’envie de replonger s’efface

Chez Supermassive Games, les choix ne sont jamais de simples cases à cocher. Une décision prise dans la précipitation, une réponse mal choisie ou une hésitation au mauvais moment peuvent bouleverser le destin des personnages. The Casting of Frank Stone reprend cette formule, avec des conséquences qui peuvent déterminer qui survivra à cette histoire.

Pendant une première partie, le concept fonctionne. On doute, on hésite, on essaie de lire entre les lignes. Chaque situation peut devenir un piège et l’on se surprend à peser des décisions qui, quelques minutes plus tôt, semblaient anodines. C’est tout le plaisir de ce type d’aventure : avancer sans savoir si l’on vient de sauver quelqu’un ou de signer son arrêt de mort. Mais une fois le générique atteint, l’envie de relancer une partie se heurte à un problème de taille. Malgré les différentes possibilités offertes par le jeu, les fins peuvent donner une impression de ressemblance qui limite l’intérêt d’un nouveau parcours complet.

Il existe bien des embranchements, des variations et des destins différents. Pourtant, ces changements ne transforment pas toujours suffisamment l’expérience pour donner le sentiment de vivre une véritable nouvelle aventure. On peut vouloir revenir sur une décision, découvrir une scène manquée ou sauver un personnage que l’on avait perdu en chemin, mais l’histoire dans son ensemble conserve une structure qui rend la redécouverte moins indispensable qu’espéré. Et c’est là que la promesse du jeu montre ses limites. Quand on mise autant sur les choix et leurs conséquences, on s’attend forcément à ce que la rejouabilité constitue un argument majeur. Or, si la curiosité peut pousser à explorer quelques alternatives, le scénario ne donne pas toujours assez de raisons de repartir pour plusieurs heures.

Le jeu propose d’ailleurs un outil intéressant avec sa Salle de montage, qui permet de revenir sur des décisions clés et d’explorer les embranchements sans recommencer systématiquement depuis le début. Une fonctionnalité pratique, notamment pour les amateurs de complétion, mais qui ne règle pas le problème de fond : encore faut-il que les différences découvertes donnent réellement envie de poursuivre.

Mon conseil serait donc de privilégier une première partie sans chercher à tout contrôler. Faites vos choix, acceptez leurs conséquences et laissez-vous porter par l’histoire. À vouloir absolument découvrir chaque issue, on risque surtout de constater trop rapidement les limites d’un récit qui fonctionne mieux lorsqu’il conserve sa part de mystère.

Un cauchemar imparfait qui mérite de sortir de l’ombre

Près de deux ans après sa sortie, The Casting of Frank Stone semble avoir manqué son rendez-vous avec le public. Il n’a pas réussi à s’imposer comme un incontournable de l’horreur narrative, et son nom circule aujourd’hui bien moins que ceux des productions qui ont fait la réputation de Supermassive Games.

Pourtant, le jeu n’est pas dénué de qualités. Son ambiance, ses références à Dead by Daylight et sa volonté de proposer une histoire originale lui donnent une véritable personnalité. Certaines séquences fonctionnent, la construction autour de deux temporalités apporte une idée intéressante et quelques mécaniques, comme l’utilisation de la caméra 8 mm pour révéler des éléments surnaturels, permettent au titre de sortir ponctuellement de sa formule habituelle.

C’est finalement ce qui rend cette aventure aussi frustrante qu’intéressante. Elle ne manque ni d’ambition ni d’idées, mais peine à les transformer en une expérience suffisamment marquante pour rester durablement dans les mémoires. Le scénario s’égare, la rejouabilité déçoit et l’ensemble ne parvient pas à retrouver l’efficacité des meilleures productions du studio. Mais faut-il pour autant le laisser définitivement dans l’ombre ? Je ne le pense pas.

Pour les amateurs d’horreur narrative, les curieux de l’univers de Dead by Daylight ou simplement ceux qui cherchent un jeu à découvrir pendant Halloween, The Casting of Frank Stone mérite encore qu’on lui laisse sa chance. À condition de ne pas en attendre le prochain Until Dawn, l’aventure possède suffisamment de singularité pour offrir quelques bonnes heures de frissons. Tous les jeux d’horreur ne sont pas destinés à devenir cultes. Certains nous hantent longtemps après le générique ; d’autres disparaissent peu à peu, malgré de bonnes idées et une vraie volonté de proposer quelque chose de différent. The Casting of Frank Stone se situe quelque part entre les deux : un rendez-vous manqué, mais certainement pas une aventure sans intérêt.

Et si cette première nuit de FFRissons était justement l’occasion de lui rouvrir la porte ? Après tout, en matière d’horreur, ces choses que l’on croit enterrées ont parfois la fâcheuse habitude de revenir nous hanter.

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Questions fréquentes

Combien d’heures faut-il pour terminer The Casting of Frank Stone ?

Comptez environ 6 à 8 heures pour découvrir l’histoire une première fois, selon votre rythme et le temps consacré à l’exploration.

De quoi parle The Casting of Frank Stone ?

À Cedar Hills, un groupe de jeunes cinéastes entreprend de tourner un film d’horreur dans un lieu lié au passé sanglant de Frank Stone. Le tournage les entraîne dans une histoire mystérieuse qui dépasse bientôt le cadre de leur film et rejoint l’univers de Dead by Daylight.

The Casting of Frank Stone est-il lié à Dead by Daylight ?

Oui. Le jeu se déroule dans l’univers de Dead by Daylight et en reprend certains éléments, tout en racontant une histoire originale avec ses propres personnages et mystères. Il s’agit d’une aventure narrative solo développée par Supermassive Games.

Qu’est-ce qui rend la narration du jeu particulière ?

L’histoire se déploie sur deux temporalités qui dialoguent et dont les liens se révèlent progressivement. Cette structure entretient le mystère et invite à relier les indices, même si certaines connexions et révélations peuvent parfois rendre le scénario moins lisible.

Les choix ont-ils un réel impact sur l’aventure ?

Les décisions peuvent modifier le destin des personnages et entraîner différentes variations au fil de l’histoire. Le jeu propose aussi une Salle de montage pour revenir sur certains choix clés. Toutefois, les fins et les parcours restent assez proches pour que la rejouabilité puisse décevoir.

The Casting of Frank Stone mérite-t-il d’être découvert ?

Malgré un scénario parfois confus et une rejouabilité limitée, le jeu possède une ambiance marquante, une histoire originale et quelques idées singulières, comme l’utilisation d’une caméra 8 mm pour révéler des éléments surnaturels. Il peut plaire aux amateurs d’horreur narrative et aux curieux de l’univers de Dead by Daylight, à condition de ne pas en attendre un nouveau Until Dawn.
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